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L’ECOUTE DU BEBE COMPROMISE PAR LA LEGISLATION ?



Véronique Arnoux, Laure Nivel-Craplet


Psychologues cliniciennes
A.NA.PSY.p.e.


« Colloque anniversaire des 20 ans de l'A.NA.PSY.p.e. »



Il y a vingt ans, ce qui avait provoqué la création de cette association, c’était la participation nécessaire des psychologues à des discussions ministérielles…on préparait un décret des modes d’accueil des enfants de moins de six ans…
Ce décret, paru en août 2000 après avoir été tant de fois remanié entre temps, a été suivi d’une mise en place de la Prestation de Service Unique par les CAF… vingt ans après,  la législation soutient-elle plus l’écoute des bébés ?

La transformation des lieux d’accueil en « multi-accueils », l’instauration d’un paiement horaire de la présence des enfants, l’augmentation nécessaire du taux d’occupation… , les nouvelles règles du jeu introduites par les CAF dans leur logique financière vont bien au-delà d’un simple « réaménagement »…
La volonté affirmée d’une meilleure réponse aux besoins des familles modifie profondément les conditions de l’accueil des enfants :

  • comment les touts-petits peuvent-ils organiser leur monde intérieur avec ces nouvelles modalités ?
  • Quelle est l’incidence de ces nouvelles donnes sur la possibilité des adultes, parents et professionnels, à soutenir une continuité psychique pour les bébés ?
  • Dans quelle difficulté à penser se retrouvent parfois les professionnels…Confrontés à quelles contradictions dans l’application de ces directives ?
  • Comment penser les conditions d’une séparation socialisante pour chacun des enfants accueillis entre la prestation de service «Unique» et le «multi»- accueil ?

Préparée par les 6 psychologues d’un groupe de travail de l’A.NA.PSY.p.e, cette intervention vient témoigner d’un moment dans l’élaboration leurs observations et réflexions, elle n’a pas valeur exhaustive.

le décret d’août 2000 et la Prestation de Service Unique


Le décret d’août 2000 relatif aux établissements et services d’accueil des enfants de moins de 6 ans précise leurs missions (art 180-1) :
-permettre sécurité et bien-être des enfants ainsi que leur développement
-concourir à l’intégration des enfants porteurs de handicap ou malades
-apporter une aide aux parents pour qu’ils concilient vie professionnelle et vie familiale.
La diversification du mode d’accueil (régulier, à temps partiel ou occasionnel, urgence) dans un même lieu (collectif ou familial) y est mentionnée.
La Prestation de Service Unique (PSU) mise en place par les CAF en janvier 2002 et généralisée au 1er janvier 2005. Elle s’appuie sur le décret 2000 et a pour objectifs annoncés :
-favoriser l’accueil des familles modestes en valorisant la participation financière de la CAF.
-Mieux répondre aux besoins des familles :

  • en assouplissant les modalités d’accueil avec des amplitudes d ’ouverture mieux adaptées
  • en prenant en compte les besoins atypiques
  • en adaptant le tarif à la durée d’accueil effectif utilisée par les familles
  • en favorisant le développement des multi-accueils

- Mieux répondre à la demande croissante de places en structures d’accueil en optimisant leur taux d’occupation.

Pour bénéficier de la PSU :


  • les parents n’ont plus besoin de justifier d’une activité professionnelle et d’une fréquentation minimale de leur enfant en structure d’accueil, les temps d’accueil sont définis dans un contrat individuel à partir de leurs besoins
  • les établissements doivent soumettre leur projet d’établissement (projet éducatif, social…) et leur règlement intérieur à la CAF, intégrer les participations des familles dans le taux de la prestation
  • l’heure de présence devient l’unité de référence pour tous les types d’accueil


Au 1er janvier 2004, des aménagements sont apportés  pour aider les gestionnaires déficitaires à accroître leur taux d’occupation tout en respectant la qualité des projets :
Financement de 3h de concertation et d’accompagnement par place d'enfant et par an pour toutes les structures d’accueil
Réservation des familles par créneaux ou par séquences horaires (ex : tps de repas = 2h)
Contrat d’objectifs pour les gestionnaires qui enregistrent une baisse des recettes

Aujourd’hui, tout le monde est à la PSU mais on constate de grandes différences dans son application en fonction des départements, des communes et des associations. Tout dépend de la façon dont les projets d’établissement ont pu être élaborés et négociés avec les CAF. En lien, plus ou moins fort, avec l’état de la réflexion pédagogique des équipes.


Les incidences constatées dans l’application de ces directives

 
La PSU du côté des professionnels


Les auxiliaires et assistantes maternelles doivent contrôler les heures d’arrivée et de départ des parents et les noter chaque jour. Comment simultanément comptabiliser/contrôler et prendre du temps pour écouter, soutenir, accompagner ?

Dans une crèche familiale :
Divers questionnements sont formulés par les assistantes maternelles : « à quel moment devons-nous noter l’heure ? Le matin, est-ce au moment où les parents arrivent avec l’enfant ? Ou au moment où ils le quittent ? De même pour le soir, devons-nous compter le temps de « transmission » pendant lequel les parents sont encore présents ? » Derrière cette interrogation, nous pourrions entendre : « qu’est-ce qui compte ?Qu’est-ce que je compte ? Est-ce que je compte ? » Certaines déplorent la ré émergence d’un enjeu financier qui parasitera au quotidien les moments de séparation et retrouvailles. D’autres essaient d’y trouver un appui dans leur difficulté à « cadrer » certains parents (cette maman qui s’attarde une heure tous les soirs, cela m’aiderait peut-être à la limiter !), peut-être mais cela éviterait aussi d’aborder le vrai problème !

Dans certains lieux, des professionnelles ont le sentiment de perdre le cadre de travail qu’elles avaient construit au fil des années : trop d’enfants à investir, à connaître sur une durée plus courte. Comment continuer à exercer la référence auprès d’enfants qui ne sont là qu’en « pointillés ». Comment travailler dans la continuité de relations attentives à chacun ?

Certaines puéricultrices et éducatrices ressentent une perte de sens dans l’exercice de leur métier : le temps passé à gérer la mise en place administrative de la PSU prévaut sur l’encadrement des équipes autour du soin à l’enfant.
Les professionnelles ont besoin d e temps en dehors de la présence des enfants pour réfléchir, élaborer leur travail, construire, écrire…et défendre des principes de travail auprès des partenaires et financeurs.

Dans certains multi-accueils, les professionnelles accueillent des parents et des enfants en permanence toute la journée. Les enfants viennent pour 1h, 2h, la demi-journée, la journée même. Comment individualiser l’accueil pour chaque enfant de 3 mois à 4 ans ?

Comment faire de « l’unique » en accueillant le plus grand nombre « à la carte » en discontinuité permanente ? Il y a peu de temps pour réfléchir à l’individualisation de l’accueil en collaboration avec les parents.
Plus on accueille d’enfants sur « une même place », moins on a de temps pour parler d’eux.


La PSU du côté des enfants
De quelle humanisation parlons-nous ?


Le risque, c’est la garde des « enfants parking » ou « des enfants pointillés »:

- Que de mouvement au multi-accueil ! Hier matin, 35 enfants sont venus : les arrivées et départs sont échelonnés, entre 1h et 4h de présence, certains viennent régulièrement, d’autres rarement. Et par conséquent 35 parents qui tour à tour, accompagnent, repartent, reviennent chercher leur enfant !

- les groupes d’enfants changent continuellement : l’enfant ne retrouve pas de visage connu. : Il vient en fonction du besoin de ses parents et non parce qu’il fait partie de tel groupe d’enfants qui viendraient tous les matins, ses rythmes de sommeil et de repas ne sont pas suffisamment pris en compte.

- Comment établir des liens durables et sécurisants au sein d’un groupe d’enfants dans ces conditions ?
Certains enfants cumulent plusieurs modes de garde dans la semaine.

Comment le bébé de quelques mois peut-il créer des liens durables et sécurisants avec son environnement quand celui-ci change en permanence ? ... Et quand en plus, il a à vivre les effets d’une garde alternée entre des parents séparés…

La PSU du côté des parents


  • Les objectifs de « mixité sociale » et de « projet social » soutenus par le décret d’août 2000 et par le financement PSU se mesurent déjà dans certaines structures d’accueil. Les tarifs revus à la baisse permettent à des familles en difficulté socio-économique de confier leur enfant plus facilement.
  • Certains parents apprécient de pouvoir choisir les jours d’accueil pour leur enfant ainsi qu’une souplesse dans les horaires.
  • Une activité professionnelle n’est plus nécessaire pour bénéficier d’un mode de garde pour leur enfant

Dans la mise en place de la PSU, on parle de « besoins des familles ». Ce sont souvent les besoins liés au travail : les parents confrontés à la flexibilité du travail utilisent les modes de garde comme « un service rendu ».

En crèche familiale
Aline est un bébé de 4 mois quand elle entre à la Crèche familiale.
La demande des parents : « nous cherchons à faire garder notre enfant 2 jours par semaine, pour le reste, on se débrouille » c’est à dire solutions familiales : un jour la grand-mère maternelle, un jour la grand-mère paternelle (on ne veut pas faire de jalouse !), un jour une RTT du père ou de la mère en alternance ou bien encore une baby sitter en dernier ressort.
Les autres jours de la semaine, elle est confiée en alternance aux deux grands-mères et/ou à un des parents qui ne travaille pas. Quand la mère part en déplacement professionnel, pour des raisons pratiques, Aline est gardée complètement par une des deux grands-mères, elle ne vient pas chez l’assistante maternelle.
Aline est un bébé très agité avec une surexcitation motrice apparente, elle dort par petites séquences de 30 minutes, ne semble jamais apaisée. Elle sourit en permanence.
Les parents trouvent leur petite fille très éveillée, avec de formidables capacités d’adaptation. Finalement la Crèche familiale correspond bien à leur besoin !

Mais quand le paiement horaire structure le moment des retrouvailles !

Des parents, désorientés, sont restés assis sur un banc une demi-heure devant le domicile de l’assistante maternelle avant de venir chercher leur enfant. Interrogés par celle-ci qui s’en était étonnée, ils ont expliqué : « nous pensions ne pas avoir le droit de venir avant l’heure prévue dans le contrat ! »


La mise en place de la PSU ne renforcerait-elle pas l’ambivalence de certains parents face à la séparation ?

Niels, 5 mois, a des parents qui travaillent à l’hôpital, leurs rythmes de travail sont irréguliers. En théorie, le contrat PSU est signé pour une semaine 2j / une semaine 3j. En réalité, Niels vient moins, le moins possible. Son père aurait souhaité que sa femme ne reprenne pas son travail avant que Niels n’ait un an : trop petit pour être en collectivité, trop petit pour être gardé… C’est la grand-mère paternelle qui est sollicitée. L’équipe de la crèche apprend aussi récemment que Niels fait des séjours à l’hôpital dans le bureau de son papa… La séparation est insoutenable pour le père, Niels a beaucoup de mal à la crèche.


Une pensée gelée 


Quand l’amalgame et le paradoxe empêchent de penser, comment imaginer le possible et le transformable dans ces nouvelles modalités ?

Amalgame?

  • Afficher la volonté de  «  mieux répondre aux besoins des familles » en oubliant que c’est l’existence d’un enfant qui permet de parler de « famille »…en quoi un bébé aurait-il « besoin » d’être séparé de ses parents le lundi de 10heure à 16heures et le jeudi et vendredi de 8heures à13heures 30 ?

Un besoin, çà ne se négocie pas, çà doit être satisfait.


Entendre la demande de garde des parents uniquement comme un besoin à satisfaire empêche toute discussion, toute réflexion autour d’une réponse adaptée aux possibilités de l’enfant.
En fait, avec quel « besoin » cette demande des parents s’est-elle construite ? Dans la plus part des cas avec le besoin de travailler. Et, le plus souvent, le besoin de travailler des mères ! …, la diversité des horaires de garde demandés correspondant alors à la diversité des besoins des employeurs :
70% des personnes qui travaillent à temps partiel, souhaiteraient travailler à temps plein…la très grande majorité des personnes qui travaillent à temps partiel sont des femmes… les « besoins » auxquels cette réglementation serait chargée de répondre nous semblent très directement calqués sur les besoins actuels du marché de l’emploi…Le risque alors serait de précariser l’accueil d’un tout petit dans l’exacte proportion où se trouverait précarisée la situation professionnelle de sa mère.
En quoi cela répondrait aux besoins des familles ?

Cet idéal invoqué d’une adéquation entre les « besoins » et la réponse qui y serait apportée nous évoquerait plutôt, alors, un «Meilleur des mondes »:
Des employeurs prenant juste le temps où ils en auraient « besoin » les services d’employés qui laisseraient juste le temps où ils en auraient « besoin » leur enfant dans un Grand Hyper-accueil où, après règlement de la consigne, leur serait rendu des enfants …qui n’auraient « besoin » de rien d’autre …Il ne manquerait rien !

  • Quelle meilleure illustration de cette logique que le mode de calcul choisi pour les subventions de la CAF ?

Ne compte dans ce calcul que la présence effective à l’heure de chaque enfant…ce qui compte, ce qui existe, ce qui a de la valeur, c’est ce qui est présentl’absence ne compte pas, elle n’a pas de valeur…Cà n’existe pas…
Or se trouve là remis en cause un des enjeux majeurs des lieux d’accueil de la petite enfance :
Justement, l’absence çà compte…ou, pour le dire autrement, « l’absente », elle manque…et çà peut coûter très cher quand çà n’est pas compté !

Un rappel des enjeux de l’accueil d’un tout-petit

 


La caractéristique commune à tous les lieux d’accueil de la petite enfance, c’est que les bébés y sont séparés de leurs parents…
Mais, accepter la rencontre avec les autres, quand on n’a pas pu suffisamment conserver en soi des traces vivantes de ceux qui donnent la sensation d’exister, c’est risquer de les perdre tout à fait…c’est aussi prendre le risque de se perdre.
Nous avons tous eu à croiser un jour ou l’autre dans ces lieux, un de ces enfants légers… si légers, transparents … ou parfois au contraire, tout éparpillé, pour qui s’est dramatiquement posée l’impossibilité d’être présent aux autres tant se trouvait menacée la permanence du lien à ses parents.
La séparation, même pour un temps court, çà confronte un tout-petit à l’absence, à la perte, au manque…Cela met en jeu son équilibre psychique … la façon dont il sera accompagné dans cette épreuve engage son devenir.
Ces parents absents, il va falloir les faire exister pour l’enfant, soutenir leur représentation comme permanents et vivants.
Pour chaque enfant accueilli, il y aura à chercher avec lui et ses parents ce qui le soutiendra au travers des paroles, des gestes, du respect de ses rythmes, des liens individualisés créés entre les professionnels et la famille.
A ce prix, alors, l’enfant pourra tirer les bienfaits d’une séparation. Il aura les sécurités nécessaires pour se tourner, avec intérêt vers les autres et prendre une place, sa place, parmi eux.


L ‘absence, il est nécessaire qu’elle puisse aussi compter et être parlée du côté des parents.
Petite histoire d’avant la PSU :
Une mère, terrée chez elle, avec une petite fille de 3 ans très handicapée physiquement et mentalement depuis sa naissance. Cette femme n’arrivait pas à imaginer une aide autre que médicale pour sa fille, se cachant, entre la honte et la résignation, tellement la blessure narcissique était intense. Elle ne parlait jamais à sa fille et elle parlait d’elle comme d’un petit animal.
Un médecin de PMI qui, peu à peu, laisse imaginer à cette femme « qui n’en peut plus » que, peut-être il lui serait possible de confier sa fille « un tout petit temps » dans la semaine « pour souffler »lui dit-elle.
Une directrice de halte-jeu qui reçoit cette maman et lui dit « on va voir avec votre fille ce qu’elle peut vivre bien ici ».
Entre les possibilités de la maman d’accompagner sa fille et les possibilités de la halte d’accueillir avec suffisamment de disponibilité et de sécurité cette enfant, seulement une heure deux fois par semaine semblait proposable.
Un grand débat alors s’engagea dans l’équipe ( quel sens y avait-il à mobiliser autant d’énergie pour autant de personnes si l’enfant ne pouvait que si peu en « profiter »…)Et puis voilà ce qui fut décidé :
- faire venir cette femme un moment avant chaque accueil et ….parler avec elle de la façon dont avait réagi sa fille au retour à la maison et puis de ce qui s’était passé après
- un long moment après chaque accueil pour parler avec cette femme de ce qu’avait montré son enfant à la halte, ce qu’elle avait semblé aimé, ce qui l’avait inquiétée.
- des échanges réguliers en équipe avec le médecin et la psychologue pour repérer l’évolution de cette enfant et les échanges avec la mère.

Deux mois plus tard, il fallut insister un peu pour que l’enfant puisse être présente au goûter de Noël, mais elle était gourmande, çà avait aidé. Un grand panneau fut affiché, après, à l’entrée de la halte pour montrer aux parents toutes les photos des enfants prises ce jour-là…c’est à cet endroit qu’était arrêtée, stupéfaite, la maman :
elle venait de reconnaître une photo de sa fille et elle disait, surprise, à mi-voix, « elle est belle, ma fille… »
En terme de contrat PSU, çà s’appelle « 1 heure, deux fois par semaine »…et çà fait sérieusement chuter un taux d’occupation !


Les lieux d’accueil de la petite enfance pourraient continuer d’être les forts beaux terrains d’une prévention qui ne prédirait rien mais qui accompagnerait beaucoup…il s’y exerce, par endroits, une formidable créativité respectueuse des enfants et de leur famille. Chacun, petits et grands, pourrait continuer d’y installer, en confiance, de quoi se SEPARER sans PERDRE ce qui lui MANQUE …A condition…


A condition qu’on veuille bien considérer que :

  • Plus un bébé a à vivre de discontinuités dans le déroulement de sa semaine, et plus se trouve fragilisée sa capacité à contenir de façon satisfaisante la permanence de ses représentations.
  • Plus est nécessaire, alors, la cohérence des adultes entre eux dans la façon dont ils accompagnent ce passage.

Adultes ? C’est à dire les professionnels et les parents, bien sûr, mais aussi les gestionnaires et les politiques.
Se donner les moyens de cette cohérence çà demande un grand investissement psychique,mais çà implique aussi un investissement financier et la volonté politique d’en soutenir les enjeux.


PERSPECTIVES 


Dans le contexte du multi-accueil, la qualité des échanges entre les adultes est essentielle pour humaniser leur absence et donner à chacun de quoi soutenir une continuité pour l’enfant. Il faut en avoir les moyens en temps et en personnels .

Penser les possibilités d’un accueil dans le cadre de la PSU, çà oblige alors respecter des précautions indispensables et à en inventer les règles du jeu. Nous en avons imaginé quelques-unes unes, bien d’autres pourraient être élaborées :

  • Le contrat discuté entre les parents et la directrice devrait permettre de repérer ce qui est souhaitable pour l’enfant dans sa réalité du moment.
  • En aucun cas son accueil ne pourrait se résumer à sa présence.
  • Moins un enfant a de fréquentation rapprochée du lieu d’accueil et plus il devrait pouvoir bénéficier d’un temps d’élaboration en équipe sur l’individualisation de son accueil.
  • Une personne référente de l’enfant serait là, plus qu’ailleurs indispensable.
  • Les groupes d’enfants pourraient souvent être organisés dans une permanence si on en montrait d’avantage l’intérêt aux parents.
  • Les enfants devraient être protégés des va et vient des adultes.
  • Les échanges réguliers entre les différents professionnels chargés d’accompagner l’enfant tout au long de sa journée pourraient être institués avec les supports adéquats et le temps nécessaire.

… La mise en place de la PSU par les collectivités doit faire l’objet d un bilan financier avec les Caf dans trois ans …pourrions nous proposer qu’y soit joint un bilan des incidences de cette mise en place sur l’évolution des enfants, la demande des parents et la réflexion des professionnels ?



L’écoute des bébés compromise par la législation ? …En tout cas, on pourrait dire qu’il y a un MAL-ENTENDU dans ce qu’est un accueil et dans ce que sont les précautions incontournables pour accueillir un tout petit
L’accueil d’un enfant, c’est bien autre chose que le temps de sa garde.
A un journaliste qui lui demandait «  c’est quoi pour vous, le cinéma ? »,Jean-luc Godard répondait : « Le cinéma, c’est ce qui se passe entre deux images »…
Et bien, c’est un peu çà…l’accueil d’un tout-petit se serait ce qui se passe entre deux moments de sa présence …



Ils ne sont pas présents sur cette estrade, mais c’est avec leur aide que s’est préparée cette intervention…Marie-Thérèse Allirot, Pierre Duclos , Charline Ferrand, Sylvie Tournemine.tous quatre, psychologues cliniciens et membres de l’A.NA.PSY.p.e.
Merci de votre attention…